L’haptonomie, est-ce une science ?

Sandra Cornaz Blog, Haptonomie Leave a Comment

C’est parce que j’entends souvent des propos du type : « Je suis rassuré.e, j’avais peur que ce soit perché ! » ; « Moi qui craignais une approche spirituelle alors que je suis plutôt cartésien.ne / agnostique, je suis bien content.e d’avoir testé ! » que j’ai eu envie de faire cet article…

Pourquoi il n’y a pas de publis en hapto dans les grandes revues médicales ?

À ma connaissance, il n’y a pas d’article dans les grands journaux de médecine au sujet de l’haptonomie parce qu’il n’y a pas de données quantifiées, standardisées, ni de stats effectuées.

Les études sur l’humain ont des protocoles très spécifiques, et la loi et l’éthique ne permettent pas de poser une sonde échographique sur un fœtus, ni de soumettre une femme enceinte à un faisceau prolongé de rayons ou d’ondes électromagnétiques sans une raison médicale sérieuse. 

De plus, il est vraiment complexe pour des chercheurs en sciences humaines d’identifier et d’isoler les critères du lien affectif et de mesurer l’affectivité, d’autant plus dans une situation de communication naturelle ! À cette difficulté s’ajoute celle d’étudier l’un des principaux sujets concernés par les séances d’haptonomie périnatale : le bébé dans le ventre de sa maman ou tout juste nouveau-né !

Mais alors, qu’est-ce qui permet de décrire l’haptonomie comme une science ?

Toute discipline dont les effets sont observables et répétables peut être classée comme une science.

Les phénomènes haptonomiques décrits initialement par Frans Veldman, fondateur de l’approche, sont bel et bien observés dans chaque séance, tant par les professionnels que par les futurs et jeunes parents qui partagent leurs ressentis en séances et auprès de leurs proches en dehors des séances. 

Une particularité de l’haptonomie est d’être une science expérimentielle. Ses phénomènes sont observables uniquement dans la pratique. C’est pourquoi les haptonomes développent incessemment leurs compétences et leurs connaissances.

Frans Veldman s’est de ce fait nommé chercheur en science de la vie. Depuis, certains haptothérapeutes endossent eux aussi le rôle de chercheurs et publient dans des revues paramédicales ou des revues de sciences humaines. J’apprécie pour ma part soutenir et co-encadrer des travaux de jeunes chercheurs s’intéressant à l’haptonomie.

Mais alors, c’est une science sans résultats mesurés ni mesurables ?

Oui. Aucun d’entre nous, haptonomes ou parents, ne parle d’efficacité, ni ne cherche à graduer la puissance de nos vécus et expériences. Cela ne semble pas faire sens dans un contexte d’affectivité.

Les futurs et jeunes parents se réjouissent en toute simplicité de développer leur sensibilité et de mieux percevoir combien leur engagement émotionnel renforce le lien qui les unit entre eux, au sein du couple et à leur bébé.

Nous autres, les haptonomes, nous nous ébahissons devant ces phénomènes car, même après des dizaines d’années de pratique et d’accompagnement, tout cela reste totalement émerveillant. Chaque couple nous fait un cadeau fabuleux quand il découvre et nourrit en notre présence ce lien intime et singulier.

C’est cette spécificité qui explique que Frans Veldman a défini plus précisément l’haptonomie comme la science de l’affectivité.

Une science quelque peu nouvelle (elle date des années 70) qui s’intéresse à la communication affective et à ses bienfaits chez chacun des acteurs de la relation. Elle observe en particulier la place du toucher affectif qui n’est ni sensuel, ni érotisant. Il s’agit de contacter l’autre de façon pleinement présente, avec une intention bienveillante, sécurisante et confirmante, offrant le sentiment à chacun des protagonistes d’être pleinement reconnu et accueilli tel qu’il est.

Crédit photo : Science in HD from Unsplash

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