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Qui est Sandra Cornaz ?

Bonjour, je m’appelle Sandra Cornaz et je ne me savais pas doula. On m’a fait savoir que j’étais doula. Je le suis donc devenue sans le savoir. D’ailleurs, je ne connaissais pas le terme !

À 5 ans, lovée contre ma maman, j’écarquille les yeux d’émerveillement devant le premier épisode de la série Le bébé est une personne de Bernard Martino. La graine de la curiosité est semée !

Ma maman et ma grand-mère mènent une éducation positive et bienveillante, dans laquelle je me sens écoutée et reconnue. Nous parlons de tout, aussi des sujets les plus intimes, la sexualité et l’accouchement ne sont pas en reste. D’ailleurs, ma maman et ma grand-mère ont mis à ma disposition des livres sur la conception et la naissance des bébés, l’allaitement et le portage.

Ma grand-mère défend le droit des femmes à conduire leurs maternités comme elles l’entendent. Le sujet m’attire toujours plus ! Je l’entends toutes ces années en discuter avec d’autres femmes dans la cuisine. Je déniche à chaque vacance de vieux journaux chez elle qui interrogent le féminisme.

Je deviens jeune adulte. Une amie d’enfance me demande un soutien rapproché durant sa grossesse. Je me rends disponible pour elle :

  • parfois en l’écoutant comme ma mère et ma grand-mère l’ont fait pour moi,
  • parfois en partageant mes découvertes sur la prise en soin de la femme enceinte et des jeunes enfants.

Je deviens enseignante et chercheuse : durant mon temps libre, je me régale à lire des articles scientifiques sur la grossesse et la parentalité, puis à en résumer le contenu à mon entourage qui me considère de plus en plus comme la fine connaisseuse interculturelle de la maternité et de la parentalité d’enfants en bas âge (vive le regard valorisant des proches !). Je poursuis dans le domaine de la périnatalité via la facilitation et l’animation de conférences gratuites grand public sur des thèmes variés : compétences du fœtus et du nouveau-né, couches lavables et jetables, écrans, allaitement, jumeaux, lien parents/grands-parents, autorité, Hygiène Naturelle Infantile, portage, développement psychomoteur, deuil périnatal…

C’est à cette période qu’un ami, pour m’annoncer la grossesse de son amoureuse, me demande si je veux endosser le rôle de doula pour eux ! Sauf que je ne sais pas ce que cela signifie. Doula ? kesako ?? Je découvre ainsi le terme… et le métier… qui, il a raison, correspond à ma pratique bénévole auprès de tous ces amis et proches ces dernières années !

Juste après cet épisode, je deviens maman. Grâce à Louis en 2011, Johann en 2013 et Séléna en 2017. Je sais combien les couples et les mamans solos que j’ai accompagnés ont apprécié avoir une doula à leur côté. C’est pourquoi, avec mon compagnon, nous nous entourons nous aussi d’une doula pour chaque période du désir de grossesse au post-natal.

Comme chacune l’a fait pour nous, j’écoute les peurs des futurs parents et des jeunes parents que j’accompagne. J’écoute leur récit de vie, je partage leurs joies et leurs chagrin. Je cherche avec eux des solutions à leurs besoins et des réponses à leurs envies.

  • Je les informe à la demande,
  • Je valorise leurs choix éducatifs
  • Je le soutiens dans leur remise en question, dans leur évolution, aussi quand ma pratique est différente.

Je prends soin d’eux. Je leur apporte des douceurs et apporte des présents à leurs enfants déjà nés. Je propose des massages et un relais à la maison pour les tâches du quotidien. Selon leur souhait, j’organise des célébrations prénatales et postnatales.

Mes doulas avaient été mes bonnes fées. Je pense à elles avec gratitude, même 8 ans après. Je souhaite que ceux et celles que j’accompagne en tant que doula puissent également se souvenir avec merveille de ma présence.

Certains parents disent que j’ai été leur bonne fée. Que je les ai aidés à prendre confiance en leurs compétences de parents, à construire leur estime personnelle. Je suis sincèrement heureuse d’avoir su leur apporter les clés, d’avoir eu la chance de les guider et de les soutenir pour que leur vie de famille s’épanouisse.

C’est ce qu’ont fait nos doulas durant nos désirs d’enfants, nos grossesses et les périodes postnatales. Elles sont restées à nos côtés quels que soient nos difficultés ou nos facilités. Durant nos parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA ou AMP), celui « aux-petits-oignons » comme celui « rhabillez-vous-dans-le-couloir ». Aussi quand j’ai été bouleversée de découvrir un bébé confortablement installé au chaud depuis 4 mois dans mon ventre !  Elles ont écouté mon chagrin après une césarienne en urgence alors que j’avais tenu bon les contractions plus de 35 heures, tout autant qu’elles se sont réjouies avec moi des accouchements sans intervention médicale. Elles sont toujours à nos côtés pour partager et imaginer notre rôle de parent auprès de nos trois enfants.

Grâce à leurs récits d’accompagnement, à leur accompagnement pour et avec nous, à mon regard de maman sans cesse remis en question par la vie jour après jour avec mes enfants, j’ai souhaité, enrichir mon expérience de dix ans d’accompagnement bénévole en tant que doula, formaliser mes observations et apprentissages, et en apprendre plus. C’est ainsi que, depuis 2013, j’intègre des écoles, formations, séminaires et journées (entre autres Accompagnement affectif à la naissance, Paramana Doula, Doula de France, Accompagnement à l’allaitement, Auxiliaire de puériculture, cycles Faber et Mazlish…).

Vous l’aurez compris en lisant ce texte : je suis convaincue que la pratique d’une Doula, comme celle de maman, s’affine à vie au gré des rencontres. Pour moi, doula est une façon d’être présente et soutenante au monde et à l’humain.

C’est un métier merveilleux. Je vis au quotidien mes valeurs d’authenticité, de partage, d’écoute, de droit à la reconnaissance à la différence, et de droit à l’information.

Si tout cela ne répond pas à la question Qui est Sandra Cornaz, et si vous avez envie d’en savoir davantage sur mon métier et ma pratique, le mieux est sans doute de me le demander via le formulaire de contact.

Et si vous avez envie de découvrir cette bio de Doula en BD, mon illustratrice Laetitia Busseuil l’a dessinée pour vous !

Mon parcours de doula, raconté par Laetitia Busseuil
  1. Planche 1 sur 19 de la bande dessinée. Un renard demande à Sandra comment elle est devenue accompagnante périnatale. Elle répond « super simplement », et corrige : « naturellement » aurait été plus approprié. Elle a l’impression de ne pas avoir cherché à le devenir, mais de l’être devenue sans s’en apercevoir. Le renard conclut : « Tu t’es trouvée accompagnante périnatale ! Doula, même ! »
  2. Planche 2 sur 19 de la bande dessinée. « Tout a commencé quand j’avais 5 ans. » Lovée contre sa mère, Sandra enfant regarde la série « Le bébé est une personne » de Bernard Martino et s’exclame « c’est génial ! ». La graine de curiosité pousse sous l’influence féministe de sa grand-mère Gégen, doula à ses heures, autrice d’articles intitulés « Enfanter plutôt qu’être accouchée » et « Contraception libre » : « Sérieux, Gégen, c’est toi qui as écrit tous ces articles ?! »
  3. Planche 3 sur 19 de la bande dessinée. « Puis notre petit frère Camille naît sans vie. » Dans une chambre d’hôpital, la mère est allongée pendant qu’une soignante s’occupe du bébé. À côté, la petite fille pense : « Je ne serai plus grande sœur… Pourquoi personne n’en parle ? Moi aussi, je dois faire semblant que Camille n’a jamais existé ? »
  4. Planche 4 sur 19 de la bande dessinée. « Le temps passe : je deviens enseignante et chercheuse. » Sandra en toge de thèse, avec le « syndrome de la bonne élève ». Elle finance une partie de ses études par ses métiers de cœur : animatrice, assistante maternelle et nounou, professeure de français à l’étranger, professeure à la faculté, et même femme de ménage — par choix.
  5. Planche 5 sur 19 de la bande dessinée. Passionnée d’apprentissage, Sandra engloutit ouvrages, documentaires, films et articles scientifiques sur la grossesse, l’enfance et la parentalité : Filliozat, Odent, Leboyer, l’haptonomie, le concept du continuum. Passionnée de transmission, elle anime des conférences grand public sur les couches lavables, l’allaitement, les jumeaux, et présente « Le fœtus, un être à part entière ».
  6. Planche 6 sur 19 de la bande dessinée. Parce qu’on la trouve à l’écoute, amis, collègues et inconnus font appel à elle pendant leurs grossesses. Autour d’un thé, elle demande à une femme enceinte comment elle se sent : « Bien mieux ! » Légende : « Je suis déjà un peu doula sans le savoir. » Puis un ami lui demande de tenir ce rôle pour sa compagne et leur bébé ; interloquée, elle se dit : « Moi ? Doula ? C’est quoi ça ? »
  7. Planche 7 sur 19 de la bande dessinée. Devant son ordinateur, « la chercheuse en action » cherche la définition de doula : écoute, partage, transmission, soutien. Elle s’exclame : « Carrément ! C’est moi ça ! C’est un peu un mix de tous mes jobs, en fait ! » Et d’ajouter : « Et ça, c’était sans parler de mon expérience concrète de la maternité… »
  8. Planche 8 sur 19 de la bande dessinée. Le renard revient : « On a parlé de ta bio de doula, mais des petits êtres craquants et sachant te faire craquer font aussi de toi une maman durant ces années… » Sandra, songeuse, demande : « Quand tu dis “me faire craquer”, tu parles au sens littéral ou au sens figuré ? »
  9. Planche 9 sur 19 de la bande dessinée. 2011 : « Louis fait de moi une mère. » Un parcours de procréation médicalement assistée « aux p’tits oignons », toujours à l’heure. Puis 35 heures de contractions fréquentes sans péridurale et une césarienne en urgence. Son compagnon la félicite : « T’es une warrior ma chérie ! » ; elle pense : « Pfff… j’ai pas su mettre notre enfant au monde par moi-même… »
  10. Planche 10 sur 19 de la bande dessinée. 2013 : la famille s’agrandit par surprise, « bébé planqué depuis 3 mois », alors qu’elle termine sa thèse et jongle entre tire-lait et ordinateur. Johann naît inopinément à la maison, la sage-femme « bonne fée arrivée 10 minutes avant ».
  11. Planche 11 sur 19 de la bande dessinée. 2017 : nouvelle procréation médicalement assistée, version « pas-le-temps-rhabillez-vous-dans-le-couloir », avec distributeur de tickets et salle d’attente bondée. Séléna naît dans sa poche des eaux en plateau technique, juste après leur arrivée. Sandra s’exclame : « J’adooore accoucher !!! »
  12. Planche 12 sur 19 de la bande dessinée. « Et voilà comment nous sommes devenus officiellement une famille nombreuse. » Sandra pédale avec ses trois enfants installés sur le vélo, son compagnon lève le pouce à côté. Légende : « OVNI citadin super kawaii ! »
  13. Planche 13 sur 19 de la bande dessinée. Le renard devine que c’est en devenant maman qu’elle a connu l’haptonomie et la naissance affective. Sandra, ses trois enfants dans les bras, confirme : pour chacune de ses grossesses elle a été accompagnée par deux amies proches et une doula professionnelle. L’une d’elles leur a parlé de ces approches périnatales : « Ça a été la révélation ! »
  14. Planche 14 sur 19 de la bande dessinée. Un couple en séance, la main du père posée sur le ventre : « Mais c’est trop bien ! Bébé te répond ! » — « T’as vu ça ? Il suit ma main quand je la déplace ! » Sandra ajoute : « Et comme tu peux le deviner, j’ai eu envie de partager avec d’autres notre merveilleuse aventure autour de l’haptonomie… »
  15. Planche 15 sur 19 de la bande dessinée. Le renard, juché sur l’épaule d’une femme enceinte dont le compagnon recentre le bassin : « Tu as choisi de faire de l’haptonomie ton métier tant cette approche a apporté à vos grossesses et à votre parentalité ! C’est incroyable : ta main est posée comme une plume et pourtant bébé vient à toi ! » Puis : « J’adore ! Dis, ça te dit qu’on l’invite à un bercement ? »
  16. Planche 16 sur 19 de la bande dessinée. Le déclic vient d’une collègue sage-femme : « Plus je te connais, plus je te verrais bien haptonome ! » En bonne chercheuse passionnée de périnatalité, Sandra part approfondir la naissance affective en Belgique : cinq ans d’allers-retours en train avec bébé.
  17. Planche 17 sur 19 de la bande dessinée. En tant que chercheuse, elle mène des travaux scientifiques et des enquêtes de terrain sur le rôle de l’haptonomie et des doulas, micro à la main : quelle a été la durée d’accouchement chez les parents ayant fait de l’haptonomie prénatale ? quelle différence de taux de dépression parentale après des séances postnatales ? quel vécu de l’accouchement ?
  18. Planche 18 sur 19 de la bande dessinée. Elle se forme en France à d’autres formes d’accompagnement périnatal. En salle d’accouchement, une femme crie « Je vais mouriiir ! », le père bien briefé répond « Mais oui ma chérie ! », et Sandra encourage l’équipe. Légende : diplôme d’auxiliaire de puériculture, « fondamental pour comprendre le système hospitalier ». Puis elle assiste à des conférences, notamment de Liliana Lammers, doula, et de Michel Odent, obstétricien.
  19. Planche 19 sur 19 de la bande dessinée. Le renard demande ce qui lui semble essentiel au bien-être des parents et de leurs enfants. Sandra, une petite clé lumineuse dans la main : « Les accompagner affectivement pour qu’ils se rendent compte de leur compétence innée, pour qu’ils aient confiance en eux et en leur enfant plus qu’en quiconque. » Et d’ajouter : « C’est aussi pour ça que je trouve fondamental de savoir me faire discrète, observatrice et soutenante. »